Un an d’initiatives pour construire le rassemblement et s’engager dans la transition

Initiée au lendemain des élections européennes, la démarche « Ensemble sur nos Territoires » est d’abord une réponse à l’accélération des crises sociales et écologiques, à l’exacerbation des fractures territoriales, et donc à la nécessité de nourrir, par notre action politique, cette nécessaire transition qui doit jeter les bases d’une société plus égalitaire et solidaire, respectueuse des grands équilibres environnementaux. Nous portons aussi la conviction que cette évolution n’est possible que si elle se construit par et pour les territoires, au plus près de leurs habitants, par des réponses concrètes intégrant la réalité de leur quotidien.

Notre appel est aussi né du constat de l’émiettement des forces politiques qui lors de ces élections européennes ont porté des projets proches, autour d’axes forts comme le renforcement d’une Europe engagée dans la nécessaire régulation du monde, l’encadrement du libre-échange, la lutte résolue contre le dérèglement climatique et la perte de biodiversité, la transformation de nos modèles agricoles et alimentaires, l’exigence de justice sociale et de protection des plus vulnérables, des valeurs humanistes réaffirmées notamment dans l’accueil des migrants.

L’adhésion significative des électeurs et des électrices à cette proposition politique a été masquée par l’émiettement des offres politiques qui la portent, conséquence des histoires et des évolutions des uns et des autres, qu’il faut comprendre et respecter. Il ne sert ainsi à rien de se lamenter sur la multiplicité des offres lors de ces élections, c’était probablement inévitable, mais nous devons désormais nous projeter dans l’avenir.

La structuration du mouvement « Ensemble sur nos Territoires », à partir de l’assemblée générale constitutive d’Erdeven en octobre 2019, répond à cet objectif de construction d’un large rassemblement, ancré dans la réalité des territoires. Nos valeurs et priorités, discutées à Erdeven, dessine un socle politique commun, sans ambiguïtés mais dans lequel peuvent se retrouver des  élu.es, militant.es, citoyen.nes aux parcours divers.

Ces priorités, inscrites dans nos statuts sont :

. Une priorité donnée à la lutte contre toutes les fractures territoriales, urbaines et rurales
· L’urgence de la transition écologique, créatrice d’emplois, la lutte contre le dérèglement climatique et les pollutions, la mutation de l’économie agricole
· Des régulations économiques au service de l’accès à l’emploi pour tous, de la lutte contre les précarisations, d’une meilleure redistribution des richesses
· Une politique d’accueil digne des migrants dans le cadre d’une réelle coopération entre tous les échelons
· La régionalisation et le renforcement de l’autonomie des collectivités dans une logique de solidarité entre les territoires
· L’égalité réelle, l’égalité entre les femmes et les hommes, la priorité donnée à l’éducation et à la formation tout au long de la vie
· Le renforcement de la démocratie participative
· Le choix de la construction européenne comme espace nécessaire de régulation

Notre fonctionnement est régi par un Conseil National de 40 membres et de la recherche d’un fonctionnement au consensus.

Notre originalité vient ensuite à notre volonté d’un fonctionnement très décentralisé, en s’appuyant sur des associations locales autonomes. Si nous avons pu nous appuyer pour notre création sur l’expérience de Territoires 44 et de Morbihan en Transition, nous avons impulsé la mise en place d’autres regroupements aux statuts déposés ou informels, une coordination régionale bretonne, une association pour les deux départements des Charente, Territoires 33 en Gironde…

Engager la transition nécessite de s’appuyer sur les leviers de l’action publique locale, de construire localement des rassemblements en situation de gagner les élections. Notre première priorité a donc été d’aider les équipes municipales locales à construire leur projet, en partant des expériences et idées de tous ceux que nous fédérons. Ainsi, dans la continuité des ateliers d’Erdeven, qui ont rassemblé plusieurs centaines de participants, nous avons produit deux documents socle de propositions, sur les politiques publiques communales et intercommunales.

Nous avons aussi accompagné les dynamiques de rassemblement, en soutenant par exemple la liste du « Printemps marseillais » menée par Michele Rubirola, ou en prenant l’initiative d’une déclaration commune des listes de rassemblement des villes moyennes de Bretagne, avec un après-midi de débats à Lorient, en soutien aussi à la liste « Lorient en commun » conduite par Damien Girard.

Au soir du premier tour, les résultats ont montré clairement le succès de cette offre politique (pour exemple, les bons scores et l’élection au premier tour de nombre des listes signataires de l’appel de Lorient) mais le report du deuxième tour n’a pas permis de le confirmer, ni même de l’analyser et de le mettre en valeur. La crise du Coronavirus était déjà en train de réinterroger notre monde.

Le monde de l’après-crise n’est pas aujourd’hui si facile à imaginer. Il nous faut ainsi faire attention à ne pas nous contenter d’enjamber cette crise, il y a encore peu totalement inimaginable, pour recycler nos propositions d’avant, se laisser-aller à penser que cette crise va mécaniquement nous donner raison dans nos cris d’alerte précédents et nos appels à l’anticipation.

Nos convictions n’ont pas bougé, nous sommes plus que jamais persuadés que les réponses politiques à apporter passent par les territoires et le rassemblement de celles et ceux qui partagent les mêmes priorités d’action publique, au-delà de leurs parcours antérieurs et de leurs approches théoriques parfois différentes.

Le calendrier des prochains mois est encore plein d’inconnues, à commencer par celui des élections municipales dont un report de plusieurs mois semble se confirmer. Ensemble sur nos Territoires restera mobilisé durant toute cette période, sera très attentif à ce que la crise économique qui va se développer n’accentue pas les fractures territoriales et sociales, que l’urgente nécessité de la transition écologique soit au cœur des futures politiques économiques à redéfinir, que le renforcement du service public soit dans les priorités.

Nous allons continuer de développer notre mouvement dans les territoires, dans le respect de l’autonomie des associations que nous fédérons, participer et soutenir les initiatives de rassemblement et de dialogue, nous tenir prêts pour le débat des prochaines échéances électorales, locales, départementales ou régionales, rendez-vous démocratique clef dans la construction de cette nécessaire transition.

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